Homosexualité en Haiti : Nouveau noyau des prochaines batailles électorales

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Le dernier décret sur l’identification en Haïti et le nouveau code pénal sont à la base d’une grande polémique sur la question du genre et du sexe en Haïti. D’un côté les conservateurs qui estiment que les LGBT nuisent  aux valeurs de la société haïtienne et de l’autre les libéraux qui pensent que chaque personne peut vivre sa vie, sa sexualité et son identité comme elle le souhaite pourvu qu’elle ne nuise pas.

L’article 5 du décret présidentiel du 16 juin 2020 sur l’identification nationale autorise les transformations morphologiques qui permettent aux transgenres et aux  transexuels de changer de sexe et de genre. Dans le nouveau code pénal du 24 juin 2020, l’article 363 prescrit une peine carcérale qui s’étale sur 1 à 3 ans  et une amende de 50 000 à 75 000 gourdes pour une personne qui aurait discriminé une autre sur la base de son orientation sexuelle. L’article 362 reconnaît pour discrimination la distinction entre les personnes physiques selon leur orientation  sexuelle. L’article 207 stipule comme circonstance aggravante du crime, celui qui est commis sur la personne d’un homosexuel ou d’un transgenre.

Pour la communauté des LGBT, l’international et certaines activistes des droits humains, Haïti a pris trop de temps pour publier des lois en faveurs des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des transgenres, des transexuels qui vivent dans une société haïtienne qui ne tolère pas la diversité. Pour cette catégorie, la société haïtienne n’est pas conservatrice encore moins moraliste . Pour elle, la société haïtienne est plutôt hypocrite et homophobe. L’homophobie étant vue comme une violation de l’égalité existant chez les humains qui ont le droit d’être différents. Un jour après la publication du code pénal, soit le 25 juin, l’ambassade du Canada a hissé le drapeau arc-en-ciel, symbole de la diversité et des LGBT, en soutien à la communauté des LGBT en Haïti. 

Coïncidence peut-être, le 25 juin 2020 était la commémoration de la légalisation du « Same-sex marriage », mariage entre les gens du même sexe aux Etats-Unis. Le 25 juin 2015, la cour suprême des Etats-Unis avait autorisé le mariage pour tous suite à sa décision de considérer l’interdiction du mariage inter-sex inconstitutionnelle. Ce jour-là, les Obama avaient mis un système d’éclairage pour permettre à la maison blanche d’afficher les couleurs des LGBT au lieu de la blanche traditionnelle. Le code pénal de Jovenel Moïse appelé code pénal arc-en-ciel par l’ancien sénateur Jean-Renel Sénatus arrive en prélude de cette commémoration, soit le 24 juin 2020.

Si les décisions de l’administration Moïse-Jouthe sur la cause homosexuelle font des heureux, d’autres secteurs s’y opposent carrément. Le secteur protestant d’Haïti se soulève contre ces mesures contraires aux valeurs transmises par le christiannisme. Des pasteurs du grand Nord fédérés ont donné un ultimatum au Président de la République qui doit annuler l’article 5 du décret sur l’identification du 16 juin 2020 dans un délai de 10 jours. D’autres pasteurs qui n’évoluent pas dans le Nord décident eux-aussi de s’opposer à la légalisation de l’homosexualité en Haïti. Ces derniers estiment qu’il n’est de lois et de constitutions supérieures à la Bible. D’après eux la législation humaine doit être calquée sur la Bible et non le contraire. Les hommes d’églises conseillent au Président de reproduire le progrès économique, la réduction du chômage et de la faim, les avancées scientifiques de l’Occident et non pas ce que les pasteurs appellent « la perversité ». L’ex-sénateur Sénatus est contre la reconnaissance légale des LGBT et opère une véritable campagne médiatique pour dénoncer ce code pénal arc-en-ciel qui selon lui favorise la débauche.

Les prochaines élections seront décisives pour les deux camps. Le camp qui promeut la diversité et la variété doit veiller à choisir les candidats qui continueront à légiférer en faveur des LGBT.  Le camp qui croit que l’homosexualité est un vice va faire en sorte d’élire des candidats qui vont abroger l’article 5 du décret et le code pénal du 24 juin 2020. Les pasteurs du grand Nord ont été clairs, ils promettent de donner une bonne réponse électorale au régime politique auquel appartient le Président de la République si Jovenel Moïse n’enlève pas ces articles contraires à la foi chrétienne. Cependant, il se peut que l’équipe en place cherche aussi les votes au sein de la communauté LGBT qui existe au sein de la société haïtienne et l’appui de l’international qui en découle. 

Il convient de signaler toutefois que le Président de la République n’a jamais fait de déclarations et de commentaires relatifs aux articles qui garantissent le respect de la diversité ici en Haïti.

Bath-Schéba NG Joseph

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